Le riz, le maïs et le blé sont les principales céréales produites dans le monde et fournissent à elles trois, près de 45 % des apports énergétiques mondiaux. Cependant, à côté de ce trio dominant, d’autres graminées comme le mil ou le sorgho comptent aussi dans l’alimentation mondiale.
Dans le monde, l’année 2023 verra la célébration du mil. Cette initiative prise à la 75ème session de l’assemblée générale de l’ONU en mars 2021 vise à promouvoir la céréale par ses qualités nutritives et mettre en avant ses nombreux atouts dans le contexte du changement climatique.
Qu’il soit à chandelle, commun ou indigène, le mil dispose en effet d’une concentration plus importante en micronutriments (fer et zinc) que le riz et le blé et jouit d’une capacité d’adaptation exceptionnelle aux conditions difficiles. Il peut ainsi être un rempart contre la sécheresse dans plusieurs zones arides en pouvant fleurir à 42 °C.
En outre, sa culture est possible dans les régions faisant face à des stress hydriques, car supportant jusqu’à 350 millimètres d’eau par an contre par exemple au moins 750 millimètres d’eau par an pour le maïs et le riz.
Si globalement, le mil a une place encore faible dans l’alimentation mondiale par rapport au riz, au maïs et au blé, la graminée sert tout de même à nourrir plus de 100 millions de personnes à travers le monde.
Une céréale pas si « secondaire » en Afrique et en Asie
Souvent absente des statistiques internationales ou au mieux cataloguée comme une « céréale secondaire » au même titre que le sorgho et l’orge à l’échelle mondiale, le mil jouit d’une importance particulière en Asie et en Afrique. Ces deux régions fournissent près de 95 % de la production mondiale estimée chaque année en moyenne à 30 millions de tonnes.
L’Inde est le premier producteur mondial de mil avec près de 11 millions de tonnes. En Afrique, où la récolte dépasse les 13 millions de tonnes par an, la céréale occupe une place majeure dans plusieurs pays.
Elle est ainsi au Sénégal, la deuxième céréale la plus produite derrière le riz et la troisième culture du pays après l’arachide et le riz. Au Niger, le mil est la première céréale cultivée sur une superficie de plus de 5 millions d’hectares.
Selon la FAO, le pays est d’ailleurs le premier producteur africain avec 3,5 millions de tonnes en 2020, suivi du Nigeria (2 millions de tonnes), du Mali (1,92 million de tonnes), de l’Éthiopie (1,2 million de tonnes) et du Sénégal (1,1 million de tonnes).
En Afrique où il est cultivé sous tous les climats au sud du Sahara, le mil est consommé sous diverses formes. En Afrique de l’Ouest par exemple, la céréale précuite et servie avec du lait caillé ou du yaourt est déclinée en thiakry au Sénégal ou dèguè en Côte d’Ivoire, au Bénin ou encore au Mali. Elle peut aussi être utilisée comme bouillie au Mali (moni) ou au Sénégal (araw).
Des défis pour l’avenir
Si le mil bénéficie d’une résistance aux conditions climatiques rudes, sa culture doit faire face à plusieurs écueils. La culture de la céréale étant faite la plupart du temps sans ou avec une quantité minimale d’intrants, les rendements restent faibles.
Au Sénégal, par exemple, l’USDA souligne que le rendement du riz tourne autour de 3,3 tonnes/hectare soit deux fois plus que le maximum de 1,5 tonne observé pour le mil dans les régions les plus dynamiques.
Ce niveau faible comparativement à celui d’autres denrées comme l’arachide, le riz ou le maïs limite les possibilités de commercialisation de la céréale qui est encore pour l’heure essentiellement autoconsommée par les agriculteurs.
Cette situation s’ajoute au faible soutien des gouvernements sur le continent dont les politiques restent encore axées sur des produits comme le riz qui sont fortement consommés dans les zones urbaines où les habitudes alimentaires évoluent assez vite.
Au-delà de cette question, l’autre défi pour le mil reste le changement climatique même s’il sera moins touché que les autres céréales. D’après les analystes, l’amélioration variétale grâce à la recherche et au développement sera l’un des points clés pour l’adaptation et la résilience de la filière aux phénomènes climatiques extrêmes dans les prochaines décennies.
Source: agenceecofin.com




























