Depuis le 11 janvier 1995, il a été ouvert à Abengourou, et à la demande du conseil municipal dirigé alors par Boa Amoakon Thiémélé Edjampan, le premier conservatoire en Côte d’Ivoire : le conservatoire régional des arts et métiers d’Abengourou (Crama). Son objectif : donner une formation qualifiante aux déscolarisés en les initiant aux métiers des arts afin de leur permettre de s’insérer dans le tissu socio-économique. Toute situation qui devrait leur donner la chance de lutter contre le chômage et la pauvreté. Bien plus, le conservatoire d’Abengourou vise à perpétuer la tradition et la culture du peuple Akan.

Le conservatoire régional des arts et métiers d’Abengourou, placé actuellement sous la tutelle du Ministre de la culture et de la francophonie, apparaît ainsi comme un cadre pour la jeunesse de l’Indénié en particulier, et pour tous ceux le souhaitent en général, de se donner l’occasion de s’insérer dans le tissu socio-économique. C’est en effet un établissement public où sont formés, par la transmission d’un enseignement à la fois théorique et pratique, les musiciens, les plasticiens, les danseurs et les comédiens. Deux types de formation sont dispensés au conservatoire régional des arts et des métiers d’Abengourou. D’une part, les cours du jour (sur une durée de 4 ans) pour la professionnalisation, avec tous les niveaux d’études à partir de la 6ème.

D’autre part, des cours du soir sont dispensés par le conservatoire pour les travailleurs qui souhaitent s’initier dans divers domaines des arts et la culture. Par ailleurs le Crama organise périodiquement des activités parascolaires qui ont pour but d’habituer les élèves au contact du grand public en direction duquel leur formation est effectué. Ainsi, pour habituer les pensionnaires du conservatoire aux foires et autres marchés d’arts nationaux et internationaux, la structure a bénéficié en avril 2012 d’une participation au Salon International de la Mode Africaine (Simoa) au Palais de la Culture d’Abidjan. « C’est après mon échec au BEPC l’année dernière que je me suis inscris au Crama. Comme j’aime la musique, je me suis inscris dans cette filière pour affiner mon talent. J’avoue que je suis totalement satisfait des cours qui sont dispensés ici. Ces cours vont du piano à la guitare en passant par le solfège, le djomolo, etc. » a témoigné Kouakou Kobenan Gislain (élève en 1ère année de musique ). Même son de cloche avec Kouman Koffi François (élève en 2ème année d’arts plastiques) qui soutient que « J’étais auparavant au lycée moderne d’Abengourou où j’ai obtenu le BEPC. Malheureusement, je n’ai pas été orienté et je suis rentré au village à Bondoukou. Mais j’avais des potentialités en arts plastiques et j’ai gardé mes contacts avec mes professeurs de cette discipline au lycée. Ce sont justement ces professeurs qui m’ont conseillé de m’inscrire au Crama. Les professeurs ici nous assurent un encadrement adéquat qui nous donne l’occasion de mieux nous épanouir et exprimer pleinement nos talents cachés. Ma spécialité, c’est la peinture ».
Zéphirin NANGO
LEGENDE PHOTO – Des élèves du Crama en pleine prestation




























